VIDEO-CLUB
ABC d’AIR – Clamart 14/09/2004
QUELQUES CONSEILS
DE BASE POUR INTERVIEW VIDEO.
1) La tenue du camescope : il se tient à deux mains (main gauche en dessous et main droite aux commandes) ou mieux est mis sur pied. Ce qui doit bouger, ce sont les personnes filmées et non la caméra (pas d’aller-retour d’une personne à l’autre ou exceptionnellement à l’occasion d’un travelling). Le caméraman bouge le moins possible (il est difficile de marcher sans faire valser l’image et vous ne faites pas un clip musical). Préférer le viseur à l’écran latéral (meilleure position de blocage des avant bras, meilleure évaluation du cadrage).
2)
Le cadrage : éviter de cadrer une personne au centre de l’image.
Préférer la règle des 1/3 (haut/bas ou droite/gauche). Laisser de l’air devant
la personne qui parle. Eviter la vue en plongée sur l’interviewé, préférer
la contre-plongée (caméraman plus bas que l’interviewé). Ne pas cadrer trop
serré : penser que les bords ne seront pas vus sur une TV (5 à 10 % perdus).
3) Le zoom est un auxiliaire de cadrage avant de filmer, on ne zoome pas pendant qu’on filme ou alors avec une intention très particulière et très lentement ou au contraire très vite (plonger sur un détail important ou si les personnes se rapprochent).
Jamais
de zoom arrière. Eviter les panoramiques, qui prennent beaucoup
de temps si on ne veut pas voir les images sauter et n’apportent pas grand
chose : mieux vaut filmer deux plans fixes de grosseurs différentes.
4)
Lumière : éviter les contre-jours difficiles à régler et le grand
soleil (éblouissement des personnes filmées). Préférer les éclairages de ¾
ou même filmer dans un zone d’ombre pas trop sombre. Dans ces conditions le
diaphragme automatique fonctionne bien : ni trop, ni trop peu de lumière.
5)
L’interviewer peut être hors-champ ou vu de dos, de profil. Dans ces deux
derniers cas la ligne joignant les yeux des interlocuteurs ne doit
jamais être franchie (règle des 180° pour les champs/contre-champs = vue
de l’interviewer/vue de l’interviewé) : toujours filmer du même côté,
à moins de faire un plan continu (travelling) montrant bien que la caméra
change de position (cas exceptionnel).
6)
La règle des 30° et des changement de grosseur du plan : si une
personne est interviewée dans une position fixe et que la prise soit coupée,
il faut reprendre en changeant de grosseur de plan (plan d’ensemble
pour situer la discussion, plan large en pied, plan américain jusqu’aux hanches,
gros plan tête jusqu’aux épaules, très gros plan – partie du visage) ou faire
un déplacement d’un angle d’au moins 30° avec la prise de vue précédente,
avant de prendre une nouvelle prise, sinon le spectateur aura l’impression
d’un saut d’image. Au montage on doit parfois rattraper une phrase mal tournée
ou une hésitation de l’interviewé par un fondu enchaîné ou un fondu au blanc,
mais ceci doit rester exceptionnel, sinon c’est vite lassant.
7)
Se souvenir que le camescope en Stand by (attente moteur lancé) a besoin
de 1 à 2 sec pour enregistrer après avoir pressé le bouton rouge et qu’en
fin de séquence à nouveau 2 à 3 sec vont être perdues, car le film se rembobine
pour prendre la séquence suivante. Donc lancer l’enregistrement et faire signe
qu’on peut commencer à parler (c’est l’équivalent du fameux moteur-action
du cinéma) et compter jusqu’à 2 avant de couper un plan. Autrement dit le
camescope a du retard à l’allumage et fait un retour arrière après chaque
arrêt. Ne pas couper une phrase, elle sera perdue et ne pas démarrer sur
une phrase commencée. Mieux vaut la faire répéter.
8)
Si les conditions d’éclairage sont difficiles (éviter de filmer à l’intérieur
près d’une fenêtre) il y a mélange de températures de couleurs (la
lumière venant de l’extérieur paraissant bleutée et l’intérieur jaune). Préférer
un éclairage uniforme, par exemple une lampe halogène dirigée vers le plafond
et ouvrir le stand by devant une feuille de papier blanc. Si le camescope
dispose d’une balance des blancs manuelle (HOLD), bloquer la balance
après la lecture du papier blanc. Dans la rue les ombres sont plus bleutées
que les zones au soleil, éviter de passer de l’une à l’autre, la balance des
blancs suit lentement.
9) Dans la rue ne pas utiliser le micro incorporé au camescope, mais un micro peu sensible (type micro de chanteur) et s’il y a du vent le recouvrir d’une bonnette rycotte (mousse ou chaussette de laine). Tester la distance du micro en enregistrant dans les conditions du film, puis en repassant la bande pour être sûr d’avoir un bon son. Eviter les rues trop bruyantes avec voitures, préférer les parcs, même s’il y a des voix d’enfants.
10)
Eviter les plans trop longs (>7 sec) qui lassent vite ou les entrecouper
de plans de coupe significatifs (détails d’attitude, regards des passants,
expression de l’interviewer, photographies, etc.). Il est important d’en disposer
pour cacher les erreurs de tournage, même s’ils sont filmés en dehors de l’interview
(le cameraman trébuche ou l’interviewé reprend sa phrase).
11)
Le rythme : changer souvent de plan : champ/contre-champ
au rythme des questions, courtes, ouvertes (auxquelles on ne peut pas répondre
par oui ou non, ex : comment, quand …). Changer de lieu et de type de
lieu, tout en faisant savoir que vous êtes dans Clamart. Ne pas craindre de
gâcher de la bande, elle n’est pas chère et pour obtenir 20 bonnes min, il
faut disposer au moins du triple en rushes.
12) L’interview : il existe 3 types d’interviews
a) Celle de spécialistes capables de répondre à des questions spécifiques (ex : médecin) et
b) les témoins décrivant leur expérience. Définir avec eux le contenu de l’interview. Préparer un questionnaire orientant la conversation et donnant une progression logique. Pour rester naturel, indiquer à votre interlocuteur les idées générales aborder, sans toutefois préciser les questions, sinon les réponses paraîtront préparées. Le questionneur peut rester hors champ et parfois même on peut ne pas conserver la question au montage pour éviter sa répétition dans la réponse. Les questions peuvent être posées après coup dans le même lieu en contre-champ en fonction du contenu des réponses.
c) Enfin les opinions recueillies au hasard (micro-trottoir) : échanges courts « question-réponse » sous forme de gros plans en variant cadrages, angles et décors. Montage rythmé. Travailler à deux : le caméraman à son cadrage, l’interviewer avec le micro qu’il dirige alternativement de sa bouche vers la personne interrogée. Le cordon micro doit être suffisamment long.
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